Les centres de santé mentale à Bruxelles peinent à répondre à la demande
Une étude de la Ligue bruxelloise pour la santé mentale pointe un manque criant de ressources face à l’afflux de demandes

Les Bruxellois rencontrent de grosses difficultés pour accéder à un suivi en santé mentale, surtout depuis que la demande a explosé dans la région. D’après une vaste enquête menée par la Ligue bruxelloise pour la santé mentale, à peine un quart des personnes qui sollicitent un centre sont effectivement reprises dans un programme de suivi. Les autres se voient redirigés vers d’autres services où il n’y a bien souvent pas plus de place. La principale cause de cette saturation serait le manque de personnel et d’infrastructures adaptées.
En effet, plus de la moitié des demandes (53%) sont renvoyées ailleurs faute de capacité, et même là, 7 fois sur 10, on se heurte à nouveau à la saturation. Entre 2020-2021 et 2022-2023, le taux d’acceptation a dégringolé de 11%. La situation est particulièrement préoccupante pour les enfants, les ados et toutes les personnes nécessitant un accompagnement par un(e) psychiatre, étant donné le nombre trop faible de spécialistes dans la région bruxelloise.
Face à cette situation, les auteurs de l’étude appellent à une refonte structurelle du secteur, avec notamment une hausse significative du financement et de l’engagement de personnel : il faudrait au moins 180 équivalents temps plein en plus pour faire face. Ils insistent aussi sur l’importance d’harmoniser les salaires entre les psychiatres en centre et ceux à l’hôpital afin d’attirer plus de médecins en ville. Enfin, l’idée d’un nouveau mode de financement adapté à la réalité du terrain est également avancée.


