Bpost revoit ses tournées : les livraisons passent de plus en plus vers le soir
Les changements dans la distribution des colis chez Bpost inquiètent le personnel et les syndicats, alors que la société adapte son modèle aux nouveaux rythmes de l’e-commerce

Depuis quelque temps, on remarque que Bpost ne livre plus uniquement le matin comme autrefois. Les tournées de colis tirent de plus en plus vers l’après-midi et le soir, ce qui ne plaît pas trop aux facteurs ni à leurs représentants syndicaux. Avec la fin de la distribution des journaux et la chute du nombre de lettres, Bpost devient fort dépendante des colis, surtout avec les commandes en ligne qui arrivent jusqu’à minuit. Cela veut dire que les paquets entrent plus tard dans le circuit et que les livraisons se font plus tard aussi. On parle d’ailleurs d’augmenter les livraisons nocturnes dans les Bbox, ces casiers à colis qu’on voit un peu partout désormais.
Pour s’adapter, Bpost travaille sur un système de “tournées groupées” qui consiste à partir directement des gros centres de distribution, comme ceux de Bruxelles, Anvers ou Charleroi, et à amener les colis directement vers les points de retrait ou casiers, sans repasser par les bureaux de poste classiques. L’idée, c’est que d’ici la fin de l’année, quatre livraisons sur dix vers des points extérieurs à domicile se fassent de cette manière. Dans certaines régions pilotes, différents modèles de tournée sont en test, et certains facteurs commencent leur journée plus tard, parfois vers 9h, ce qui change beaucoup par rapport aux matins ultra-tôt d’avant.
Du côté syndical, on craint que ces nouveaux horaires ne compliquent fort la vie de famille, avec tout ce que ça implique en termes de garderie ou même, pour certains, l’achat d’une deuxième voiture. Le personnel signale aussi que la répartition du boulot n’est pas toujours très juste : certains terminent en cinq heures, d’autres en neuf… Le management, lui, est bien au courant des remarques, mais il estime que la pression financière et la concurrence obligent à trouver vite des solutions flexibles. Après avoir affiché des pertes au troisième trimestre, Bpost dit n’avoir guère le choix s’il veut tenir le coup contre les grands concurrents.


